
À MA SIRÈNE!
Je naviguais en paix sur une mer tranquille
Avec l'esprit serein et le cœur apaisé,
J'avançais et pourtant tout était immobile :
Dans ma drôle de vie j'étais désabusé !
Quand j'entendis ton chant, celui d'une sirène,
Qui m'attire tel que le fer l'est par l'aimant ;
Il s'empara de moi avant que je comprenne
Et me tire vers toi inexorablement !
Me voila comme Ulysse à l'avant du navire,
Pas du tout enchainé, c'était cela l'erreur
De ne pas me méfier de ton chant qui chavire,
Qui boul'verse l'esprit et fait fondre le cœur !
Mon docile bateau ne veut plus m'obéir :
Il se dirige seul vers ton petit rocher,
Vers ton chant merveilleux pourtant qui fait périr
Celui qui veut te voir ou qui veut t'approcher !
Car tous les amoureux, attirés par ton chant
Ont été envoutés et ne sont revenus !
Ils ont tous disparus, noyés dans l'océan :
Qui écoute ton chant est un homme perdu !
Moi je l'ai entendu et bien sûr je me perds
Dans le fond de tes yeux plutôt que dans l'abîme,
Tant pis si je me noie avec toi car j'espère
Que ton chant m'aura fait ta dernière victime !
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