À TOUS CEUX...
Vous me faites marrer lorsque je vous entends
Critiquer sans arrêt la bonne poésie ;
On ne sait pas pourquoi vous êtes mécontents :
Peut-être une question de haute jalousie ?
Vous contestez toujours les plus jolis poèmes
Et puis vous chicanez, et puis vous reprochez,
Vous ne dites jamais : celui-là, oh ! Je l’aime !
Vous blâmez, vous jugez et puis vous condamnez !
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Cela est évident, vous n’aimez pas les vers
Puisque vous écrivez en faisant de la prose ;
De la prose rimée pour cacher la misère
Du creux de vos propos quand vous parlez de rose !
Aux vers de douze pieds vous taillez un costar !
Treize vous en mettez sans être regardant
Car vous les préférez en petits vers bâtards :
Vous n’aimez pas les vers, cela est évident !
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Parler d’Alexandrins, cela vous rend furieux
Alors vous dénigrez la belle poésie.
Et puis avec le temps, vous devenez hargneux
Alors vous gribouillez en grande frénésie !
Et serait-il question de vous améliorer ?
Volonté et efforts vous ne connaissez pas !
Car vous êtes au summum de cet art inspiré :
Enfin vous vous croyez poètes, n’est-ce pas ?
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On ne vous a jamais interdit l’écriture :
Au contraire il en faut des gens qui se libèrent,
Qui racontent leur vie, très lisse ou à rayures,
Leurs bonheurs, leurs malheurs, leurs étés, leurs hivers !
Il n’y a pas du tout de canevas unique
Qui serait un carcan pour vos écrits pensés ;
Vous pouvez tout écrire en textes prosaïques :
Tout ce qu’on vous demande c’est du bon Français !
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