
LE CHEMIN DU PARADIS
Que c'est facile de t'aimer
Sans aucune difficulté,
La vie devenant monotone
Par le plaisir que tu me donnes.
Imagines-tu seulement
La joie qui m'étreint fortement,
À faire pour toi ce trajet
Que je ferais les yeux fermés ?
Marcher par une nuit sans lune
Et sans une lumière aucune ;
Traverser des champs en labour ;
Heurter les sillons d'un pas lourd ;
Marcher sans voir dans les trous d'eau,
Chaque pas me brisant le dos ;
Sentir l'odeur des foins coupés
Dans lesquels je me prends les pieds !
Me faire gifler le visage
Allègrement par des branchages
Et me griffer aux herbes folles :
Chardons et ronces sur le sol !
Me tordre les pieds dans les trous
Et crier de joie sur le coup ;
Couper à travers les taillis :
Tomber mille fois j'ai failli !
Bien souvent m'entailler les doigts
Que je pose souvent sur toi,
Touchant pour calmer mes blessures
De tes lèvres les commissures !
Et quel dopage ces orties
Que je sens à chaque sortie :
En marchant carrément dedans
Ça me fait circuler le sang !
Parfois une pluie bienfaitrice
Vient irriter mes cicatrices
Et pour peu qu'elle dure trop,
Elle me mouille jusqu'aux os !
Après ces grilles enlacées
À chaque fois sans me lasser,
Que ce soit dessous ou dessus
Je laisse un morceau de tissu !
Je fuis devant un chien qui mord
Mais courir entretient le corps !
Sautant ta dernière clôture
J'oublie toutes mes courbatures
Et comble de félicité,
Je me pique, futilité,
Avant de frapper à ta porte
À la rose que je t’apporte !
Ainsi je fais le coeur content
Le vrai parcours du combattant !
Mais de te voir j'en oublie tout :
Que c'est doux de penser à nous !
Que c'est facile de t'aimer
Sans aucune difficulté
Car tout ceci pour moi n'est rien
Puisque ce soir tu m'as dit : "Viens !»
